• 23.06.2014

    Leyland Kirby est à l'origine du projet V/VM et de The Caretaker, sans compter ses nombreux albums solo.
    Avec The caretaker, il convoque les traces d'époques lointaines souvent en utilisant des 78 tours de musiques de bals de la première partie du 20ème siècle.
    Cependant, Leyland Kirby travaille sur la mémoire moins pour la glorifier que pour la présenter comme une matière anxiogène. Nos souvenirs sont le jeu d'influences, de transformations, de recyclages qui suffisent à pervertir la conscience que nous avons du passé. La musique de The Caretaker invoquera donc spectres et fantômes pour instaurer une relation avec ce passé. Ce dernier reste perceptible mais subit terriblement le poids du présent. Les traces de « l'ancien » seront donc souvent à peine audibles, noyées dans un continuum sonore dense et ralenti (on est proche du dark-ambient).


    Les albums sortis sous le nom de leur auteur conservent cette approche, c'est donc le cas pour Leyland Kirby presents V-VM - the death of rave-a partial flashback. Un mot sur le contexte : Cet album est un album de V/VM sorti en 2006, il est le produit de 20 heures d'enregistrements avec comme matière sonore d'origine des hits de rave. En 2014, ressort ainsi une partie de ce travail. Le résultat est remarquable de mélancolie et ravagé par la nostalgie, nostalgie d'une tentative, celle de faire la fête dans sa dimension collective et fraternelle. Qu'en reste t-il aujourd'hui ? Une sensation nauséeuse, une musique de la fin des temps qui fait écho au titre du dernier album de Leyland Kirby paru lui aussi cette année : we drink to forget the coming storm.

     

    Leyland Kirby presents V-VM - the death of rave-a partial flashback (2014)

     

    "L'idée du projet est née au début de l'année 2006, après ma découverte du Berghain à Berlin. A l'époque, la réputation du Berghain comme temple n'avait pas encore explosé sur la scène club internationale. Mais on pouvait sentir que quelque chose de spécial était en train d'arriver.  En allant là-bas, j'ai entrevu l'ombre falotte du passé. Des beats sinistres et emmerdants, pilonnant sans cesse les oreilles d'un public qui avait sans doute l'impression de participer à une expérience collective mais qui manquait de cohésion et d'énergie. J'ai eu l'impression que quelque chose était mort. Appelons-ça un esprit, un idéal, une aventure sonore. La rave et la techno étaient morts dans mon coeur. Dans sa forme originelle, The Death of Rave était un projet immense, plus de 200 flashbacks recyclant les hits de dancefloor de l'époque et les dépouillant de leur énergie et de leur esprit pour les transformer en ombres, en fantômes. C'est une musique qui anticipait l'obsession récente de musiciens plus jeunes de recréer les textures de la rave et des souvenirs vécus par d'autres. Il ne s'agissait pas non plus de nostalgie. C'était un chant de louange inversé, dédié à un temps où le but de la musique était de rassembler des gens pour leur faire vivre une expérience commune, où seuls la musique, le progrès par le son et la fraternité importaient". Leyland Kirby

     


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