• 18.10.2015

    Le documentaire "une jeunesse allemande" vient de sortir sur les écrans. Jean-Gabriel Periot a rassemblé des archives saisissantes pour raconter la RAF (Rote Armee Fraktion), pour raconter la bataille ou plus exactement pour raconter une bataille d'images : une bataille inégale entre d'une part, les films militants de jeunes gens issus des écoles de cinéma et d'art, en partie regroupés autour du groupe Rosta Kino et d'autre part les images officielles diffusées par la télévision allemande. Au milieu de tout cela, une femme, l'admirable Ulrike Meinhof, tient tête aux hommes de la bonne société sur les plateaux de télévision ou comme éditorialiste au sein de la rédaction du magazine Konkrete. Puis, la clandestinité, la prison, la torture et il ne reste alors plus que les images officielles, le discours des puissants. Ils parlent de terrorisme, de fascisme rouge. En diffusant l'expression "Bande à Baader" on se réfère à une réunion de malfaiteurs et non à une organisation à la terminologie révolutionnaire...etc...

    Et comment aujourd'hui, la violence capitaliste en toile de fond, ne pas penser à une chemise blanche déchirée dernièrement, à la colère ouvrière méprisée, vilipendée par la bonne société française ? Nul doute que cette dernière saura se venger en détruisant toute perspective d'une vie normale pour ces quelques malheureux.

     

    Une Jeunesse Allemande de Jean-Claude Periot (2015)

     


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  • 13.09.2015

    Parenthèse cinéma pour le meilleur film que j'ai vu cette année, "Natür Therapy", réalisé et interprété par le norvégien Ole Giaever. La bande-annonce est évidemment mal montée et de nombreuses critiques sont trompeuses tant on voudrait y voir une version scandinave du film US "into the wild". Martin n'a pas l'ambition de se retirer définitivement du monde, il n'est pas dans une quête métaphysique (simplement existentielle), pas de réelle symbiose avec la nature (cette dernière ne constitue en fait que le lieu où le retrait, le temps d'un week-end, puisse être envisagé). Martin est simplement lassé, fatigué de ce qui constitue son quotidien (femme, gamin, boulot, collègues...). Comme tout à chacun, les pensées de Martin sont surtout des pérégrinations gentiment dérisoires et souvent sexuelles. La randonnée effectuée par Martin, rendra cependant l'introspection possible mais qu'y trouve t-il ? Le constat renforcé de l'échec, le goût amer de la nostalgie, une absence d'issue. Tout cela est toutefois traversé par un humour intelligent et... par un leitmotiv assez logique pour un être humain qui se retrouve seul : la masturbation. La nature impuissante, la branlette constitue un recours nécessaire mais évidemment inefficace.

     

    Natür Therapy d'Ole Glaever (2015)


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  • 27.10.2013

    "Ta mère n'a jamais aimé que ton père et toute sa vie elle a été rongée par la jalousie."

    Avec les années, la mort devient plus palpable, plus familière, ce qui n'est pas un mal car il faut bien se la coltiner. La Gueule Ouverte vous y aidera.

     

    La Gueule Ouverte sorti en 1974 est incontestablement l'un des plus beaux films du cinéma français et évidemment le meilleur de Maurice Pialat. D'une admirable âpreté, ce film nous narre l'agonie d'une femme entourée de son fils (Philippe Léotard) et de son mari (époustouflant Hubert Deschamps). Point de tragédie mais une attente, l'attente de l'inexorable avec ses grandeurs et ses lâchetés.....et la vie qui doit se poursuivre malgré tout.

    Fiction et réalité s'entremêlent plus que jamais chez Pialat. Ce dernier aborde ici le décès de sa mère en 1959. Le tournage se déroule en Auvergne près de son village natal et est marqué par la mort du "garçu", son père quelques semaines plus tôt. Philippe Léotard joue Pialat lui-même, ce dernier était en couple au moment du décès de sa mère avec Micheline Pialat incarnée elle par Nathalie Baye. Pour parachever l'ensemble, Phippe Léotard et Nathalie Baye couple distant à l'écran forment au moment du tournage un couple à vau-l'eau à la ville. Ces entre-croisements n'ont rien d'anecdotique (Pialat évidemment les utilise à souhait notamment pour mettre en condition les acteurs), ils vont contribuer à la puissance inégalée de ce film. Pialat ira même jusqu'à tourner une scène qui ne sera pas montée dans lequel il filme 14 ans plus tard les restes de sa mère.

    Je suis allé au cinéma aujourd'hui, j'y ai vu un mauvais film notamment à cause d'un noir et blanc ultra-stylisé présentant toute chose et tout être de manière artificielle. Approche esthétisante bien éloignée de la radicalité de Pialat connu pour refuser tout trucage tout artifice. Pialat privilégie le plus souvent une caméra clouée au sol plutôt que les mouvements de caméra. L'ambition picturale est très forte dans La Gueule Ouverte, les scènes figurent des natures mortes et le traitement visuel est marqué par ce souci de traquer et reproduire à tout prix la réalité.

    Pas d'extrait malheureusement à vous proposer, seule cette video you tube dont les droits interdisent l'import mais qui finalement aurait toute sa place sur ce blog dédié aux sons.


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  • 10.06.2013

    Nouvel incursion dans l'univers des ouvriers et prolongement de l'article du 24 mai dernier

    Christian Corouge dans « Avec le sang des autres » réalisé par Bruno Muel en 1974 

     

     

    Groupe Medvekine Sochaux - Avec le Sang Des Autres (1974)

     

    Pour en savoir plus : voir le blog des éditions Agone


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  • 24.05.2013

    En 1967, le cinéaste Chris Marker est contacté par des ouvriers en grève. Il débarque ainsi à Besançon et filme l'occupation de l'usine en faisant participer à la réalisation du film les ouvriers. Les groupes Medvedkine de Besançon et Sochaux verront ainsi le jour regroupant techniciens du cinéma et ouvriers autour d'une expérience militante, sociale et artistique admirable.

    Le film Sochaux, 11 juin 1968 est la démonstration cinglante que la guerre des classes, ça veut dire quelquechose pour la bourgeoisie parce que du côté ouvrier, ce jour, fera tout de même 2 morts (Pierre Beylot et Henri Blanchet) et 150 blessés. Sochaux,11 juin 1968 est aussi une réalisation avec mille fois plus de cinéma que n'importe quelle comédie estampillée "qualité française" comme le disait ce bon Serge Daney.

    Mais que vient foutre le groupe Medvedkine de Sochaux sur hummingdays, me direz-vous ? Et bien, pour la bande-son et l'audace qui s'y exprime (surtout dans le film week-end à Sochaux).

     

    Pour en savoir plus Télécharger « article_F_et_B_Muel-_Sochaux_11_juin_1968.pdf »

    http://www.editionsmontparnasse.fr/p744/Les-Groupes-Medvedkine-DVD


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